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MESSAGE DE ME DJOGBENOU POUR LE QUATRIEME MERCREDI ROUGE

7 Août

MERCREDI ROUGE DU 07 AOÛT 2013

Djogbenou Joseph

Aujourd’hui encore, nous sommes appelés à conforter notre engagement à la résistance pacifique et à l’étendre. Les tentatives de diversion sont perceptibles. La tentation au renoncement est entretenue. Elles ne doivent point nous ébranler.

A ceux qui, avec nos deniers, financent pour dénigrer ; à ceux que, avec nos contributions, on finance pour diviser, répondons par notre volonté résolue d’avancer.

La presse, nationale et internationale, pose son regard, au travers du mouvement, sur les revendications des citoyens. Les syndicats et les politiques renforcent, par leur présence, leurs actions marquées, son intangibilité.

L’heure de la solidarité active a sonné. Si votre voisin manque de vêtement rouge et que vous en disposez, offrez-le-lui. Si vous en avez et que la peur ou la crainte vous étreint encore, offrez à celui qui s’en est débarrassé. Que chacun, de ses ressources, accomplisse l’acte pacifique qui nous libère de nos hypothèques, qui nous affranchit de nos entraves.

Aujourd’hui, non sans fierté, nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora s’intéressent à ceux que la presse dit de leur mouvement. Le Bénin occupe progressivement les pages de gloire et non de peur, de courage et non des faits divers obscènes et des aventures de mauvais alois.

Il nous faut poursuivre sans relâche pour restaurer, et notre dignité, et notre liberté. Il nous faut poursuivre sans relâche pour créer les conditions d’une saine espérance.

Que notre flamme ne s’éteigne plus.
Vive Mercredi Rouge.
Vive le Bénin !

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Constitution du Bénin : Les troublantes révélations de Maurice Ahanhanzo-Glèlè

6 Août


Revision Affiche

Le Président de l’Institut des droits de l’Homme et de la démocratie (Idh), le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè était le président de la Commission constitutionnelle de la Conférence nationale de février 1990 ayant rédigé la Constitution du 11 décembre 1990. C’est encore lui qui a présidé la première Commission installée par le Chef de l’Etat pour la relecture de la loi fondamentale. Le 1er août dernier, il était reçu dans l’émission ‘’Master Libertas’’ de la radio ‘’Immaculée Conception’’ par le juriste Prince Agbodjan au sujet de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Il a fait de troublantes révélations sur le projet de révision du Chef de l’Etat Yayi Boni.

Des révélations qui mettent à nu les manipulations du président de la République et de ses hommes de mains. D’après ses propos, le texte de la Commission Ahanhanzo a été tripatouillé et modifié par une autre équipe. Dans la démarche, relève le père de la Constitution, il y a déjà de la manipulation. L’article 105 de la Loi fondamentale n’ayant pas été respecté, le décret portant transmission du projet y compris le texte, sont inconstitutionnels » a indiqué le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè.
Les 07 et 08 août 2006, de votre initiative, nous avons eu des journées de réflexions sur la Constitution du 11 décembre 1990 à votre Institut, l’Institut des droits de l’Homme et de la démocratie (Idh). C’était des journées de réflexions organisées avec la Chaire Unesco des droits de l’Homme et de la démocratie. Au cours de ces journées, vous avez présenté une communication inaugurale où j’ai tiré deux éléments que je voudrais commencer par présenter. Vous avez dit que la Constitution n’est pas faite d’éléments hétérogènes et disparates, de dispositions sans liens entre elles. Elle est toute en harmonie. Le moindre dysfonctionnement entre les organes interdépendants peut entraîner le blocage de tout le système qui s’écroule laissant champ libre aux coups de force. Voilà, un extrait de ce que vous avez dit dans votre conférence inaugurale. Et vous ajoutez qu’il faut changer la Constitution, mais qu’on dise ce qu’il faut changer. Pourquoi et par quoi, on veut remplacer, car il est trop facile de déclarer qu’il y a des insuffisances, des failles et des lacunes dans la Constitution du 11 décembre 1990. Il faut motiver et justifier les amendements et améliorations consignées. Professeur, ça nous amène à rentrer dans la réflexion qui est le processus de révision de la Constitution. La première question que je me pose, Professeur, c’est que nous avons vu l’intention clairement affichée du gouvernement qui est de réviser la Constitution et qui a envoyé un document à l’Assemblée nationale. Vous avez été membre de la première Commission qui a travaillé sur cette réflexion. La première question est de savoir si c’est votre rapport qui est envoyé à l’Assemblée nationale ?

« Relecture et non révision »

Je vous remercie d’autant que vous citez un travail effectué à l’Idh dans lequel nous portions déjà des jugements sur la Constitution. Nous évaluions l’usage qui a été fait de la Constitution. Retenez ceci. Je remercie les auditeurs de prêter leur attention. Je dirai qu’ayant présidé la Commission de la conférence nationale qui a rédigé la Constitution, je suis très attaché à cette Constitution. Ensuite, quand il a été question courant 2006 de révision de la Constitution, j’ai dit que la Constitution permet qu’on la révise si c’est nécessaire et qu’on apporte les modifications en suivant les règles, les procédures prévues par la Constitution. C’est-à-dire que le texte à envoyer à l’Assemblée nationale après les dispositions constitutionnelles soit soumis au préalable à la population parce que c’est ce qui a été fait en son temps. Vous vous rappelez du thème : vulgarisation. On a popularisé le projet de Constitution élaboré par la Commission du Hcr que j’ai présidée. N’oubliez pas que c’est la Conférence nationale qui m’a élu président de la Commission constitutionnelle. Ce n’est pas les magouilles. Quand on fait ce travail, on l’a soumis au peuple. Moi, j’ai parcouru le pays. Je suis allé à Dogbo, Covè et un peu partout. J’ai parlé aux militaires. Voilà ce qu’il y a d’essentiel dans la Constitution. Il y a eu des débats. Je me souviens quand j’étais parti à Dogbo. Les gens ont dit que c’est lui le père de la Constitution. Ils m’ont dit que si dans ta Constitution il est écrit qu’on ne va plus arrêter les gens n’importe comment, pour un oui ou un non, on ne va plus les enfermer. Si tu n’as pas mis ça là dedans, on ne va pas voter la Constitution. Moi, on me l’a dit. Je suis encore vivant. Je leur ai dit que les principes intégrés dans la Constitution interdisent l’arbitraire, la détention illégale, la garde à vue. C’est la meilleure leçon de liberté publique que moi j’ai reçue parce que ça venait du peuple. Donc, le Chef de l’Etat m’a demandé de présider une Commission pour procéder à une relecture de la Constitution. Mais, le texte qu’il a envoyé à l’Assemblée nationale, est un projet de révision.

Donc, il y a déjà une différence ?

« Avant l’Assemblée nationale le texte doit aller devant le peuple »

Oui. Nous lui avions dit qu’avant le texte ne soit envoyé à l’Assemblée nationale, il faut aller devant le peuple. Et, le Président de la République nous a dit oui. J’ai quand même les membres de notre Commission qui sont encore vivants.

Donc pour vous, avant que le projet ne soit envoyé à l’Assemblée nationale, il faut déjà le débat au niveau du peuple ?

Pour la raison suivante. Moi, j’ai été interpellé par les Zémidjan au kiosque de la morgue à Cotonou, hier ou avant hier. Ils m’ont dit : « Est-ce que c’est vraiment votre texte qu’on a envoyé à l’Assemblée ? ». J’ai souri. Je leur dis : messieurs, calmez-vous. Si c’est la question que vous me posez, je viendrai vous faire le développement et je suis parti. Le Président qui avait accepté de soumettre un texte à l’Assemblée nationale après l’avoir soumis à la population, ne l’a pas fait. Après qu’est-ce que je constate ? Même notre texte que nous avons préparé n’a pas été suivi par le gouvernement. Or, je l’ai et je le répète c’est lui qui nous a demandé un travail de relecture. Nous avons relu et lui avons fait des suggestions. C’est vrai qu’il y avait autour de lui un personnel qui finançait de faux types qui étaient dans notre Commission. On leur donnait de l’argent. Il y en a un quand il va dans son village, le week end, on mettait à sa disposition des voitures de la Présidence de la République. Je dois respecter l’autre. Je ne citerai pas de noms. On connaît. On sait qui manipule qui. Donc, il faut être clair, ce n’est pas le processus que nous avons suivi en 1990 sous la haute présidence de Monseigneur de Souza. C’est d’aller diffuser ce que nous avons arrêté. Ça a été soumis d’abord au Hcr et ensuite vulgarisé, c’est-à-dire exposé à la population et dans ses langues.

Donc, on retient Professeur que ce ne sont pas les éléments contenus dans votre rapport qui se retrouvent être envoyés au Parlement ?

« Il nous doit du respect »

D’autant que le Président nous a ignorés complètement, il sort ce texte. Il nous doit du respect, puisqu’on a fait un travail. S’il n’est pas d’accord, il nous le dit. De toutes les façons on a fait un travail qu’on nous le diffuse par amitié. Il monte une autre Commission. Il faut appeler les choses par leur nom, il s’agit de la Commission Gnonlonfoun.

Est-ce que ça veut dire qu’il n’est pas satisfait de votre travail ?

« Ce n’est pas ce qui interesse le peuple »

« La procédure est déjà mauvaise »

La Commission Gnonlonfoun a travaillé et a même publié un petit fascicule. De toutes les façons, c’est du gaspillage d’argent de mon point de vue. Ce n’est pas ça qui intéresse le peuple. Est-ce qu’on a diffusé ce travail ? Nous avons regretté qu’il ait pris certains éléments de votre texte. Il était d’accord sur la limitation d’âge et de mandats. Il le répète maintenant, c’est son droit le plus absolu. Sur ce point là, il y a une cohérence. S’il présente ça, on ne peut pas être en désaccord avec lui. Mais, la procédure est déjà mauvaise.

Nous allons continuer dans le fond du débat. Dans la démarche, il y a déjà de la manipulation ?

« C’est de la manipulation »

Il faut appeler les choses par leur nom, c’est de la manipulation. On dit que « j’ai nommé une première commission ». Dans l’exposé des motifs qu’il a envoyé à l’Assemblée, il dit qu’il a gardé notre texte. Ce n’est pas vrai. C’est des modifications qu’il y a apportées. Je vous demande qu’on ne les aborde pas. Que ces modifications qui y figurent, s’il veut, soient soumises d’abord au peuple pour avis. Il faut que le peuple se prononce. Sur le plan de la procédure, il y a un décret qui va comprendre l’exposé des motifs.

[Touche pas à ma Constitution » J’y ai personnellement contribué]

Il va dire voilà ce que je propose, voilà les raisons qui me poussent à réviser. Vous avez lu tout à l’heure dans votre texte introductif en vous référant au livre que j’ai fait publier à l’Idh : réflexions sur la Constitution du 11 décembre 1990 depuis les 07 et 08 août 2006. J’ai dit en ce moment là : vous voulez modifier la Constitution, quand ils ont voulu le faire, sous le Président Kérékou, il y a eu des gens qui se sont mobilisés ‘’Touche pas à ma Constitution’’. Nous y avons tous contribué. Moi, j’y ai personnellement contribué. Il y a eu le recul du Président Kérékou. Lui, il vient et décide de faire relire le texte.

Donc, vous faites toujours la différence entre la relecture et la révision de la Constitution ?

Quand vous faites la relecture et dans le texte que vous avez lu tout à l’heure, on doit nous dire pourquoi. On nous a parlé de dysfonctionnements, ça ne veut rien dire pour nous les intellectuels et juristes. Pourquoi vous voulez réviser ? Qu’est-ce que vous voulez réviser ? Qu’est-ce que vous voulez mettre en place ? Est-ce bien ce qu’il y a là ? Ou bien vous voulez faire des manœuvres et dire vous voulez réviser et demain qu’on soit confronté à un avenir de malheur et de misère ? Nous avons dit sur le plan technique ce qu’il fallait faire en tant que juristes. Il y avait aussi des sociologues dans mon groupe. Nous avons défendu un certain nombre de principes. C’est sur ces principes que nous avons réaffirmé la limitation d’âge et le nombre de mandats.

Dans votre rapport, il y a un élément sur lequel les Béninois s’interrogent toujours et c’est dans la pratique de la Constitution, c’est quelque chose à corriger mais que l’on ne retrouve pas dans le rapport. Par exemple, la nomination du Président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), des présidents d’institutions. Pour certains, une réforme aujourd’hui de la Constitution doit rendre ces personnes encore plus autonomes et plus indépendantes. C’est le Président de la République qui nomme le président de la Haac, de la Cour suprême. S’il doit y avoir une réforme qui devrait assurer l’avenir de notre pays, il faut ces genres de réformes qu’on ne retrouve pas. Est-ce que vous en avez parlez ?

[Qu’il n’y ait pas le feu dans le pays]

Le Président de la Haac doit être élu par ses pairs. Le Président de la Cour suprême, par ses pairs. Nous avons posé un certain nombre de conditions. Nous en avons discuté. Alors, moi pour l’instant, je m’en tiens d’abord à la procédure. Je vous demande de faire calmer le jeu. Mon souci majeur, c’est qu’il n’y ait pas le feu à ce pays.

Vous pensez que tel que c’est parti, il y aura le feu ?

[On sent qu’il y aura la bagarre]

Oui, il y aura la bagarre. Puisque dans son discours du 1er août, il y a un an, quand il y a la bataille, quand on sent qu’il y aura la bagarre, il faut arrêter. Vaut mieux prévenir que de guérir.

Votre intention est de dire qu’on calme le jeu ?

[Qu’il arrête toutes les reformes surtout constitutionnelles]

Qu’il arrête toutes les réformes constitutionnelles parce que la Constitution est la loi fondamentale. Ça nous intéresse tous. Il ne peut pas rester dans son cabinet, se contenter du projet fait par la Commission Maurice Ahanhanzo Glèlè qu’il a fait modifier à sa manière et présenter ça à l’Assemblée nationale. Et, les députés qui doivent l’adopter doivent réfléchir eux-mêmes. Ils sont les représentants du peuple, mais ils ne sont pas du peuple. Je ne les offense pas en disant ça. Nous sommes dans un monde où cela se comprend de plus en plus. Regardez ce qui se passe en Afrique du Nord. Le peuple se soulève.

C’est la guerre ?

Alors …

Donc vous voulez éviter cela au pays ?

Je demande modestement avec humilité au Président de la République de calmer tout, d’abandonner cette réforme, puisqu’il est chrétien comme moi, moi je suis catholique, l’autre jour à la télévision, il s’est réclamé beaucoup de Dieu. Ce n’est peut-être pas le même Jésus que nous invoquons. Mais, moi j’ai pitié de Jésus.

Professeur, pour terminer dans cette procédure, il y avait une polémique qui avait été annoncée. C’était que même dans la procédure, on n’a pas eu l’avis de la Cour suprême.

Il faut dire ceci. L’article 105 de la Constitution est clair et net là-dessus. L’initiative des lois appartient concurremment au Président de la République et aux membres de l’Assemblée nationale. L’alinéa 2 : Les projets de lois sont délibérés en Conseil des ministres. Ecoutez bien, après avis motivé de la Cour suprême saisie conformément à l’article 132 de la présente Constitution et déposés sur le bureau de l’Assemblée nationale. Ce qui impose que le projet de loi de révision soit soumis à la Cour suprême qui doit donner un avis motivé. S’il vous plaît ! Mon collègue, le Président Holo, la Cour constitutionnelle ne peut pas ne pas le dicter. Ce que la Cour doit dire : « L’article 105 n’ayant pas été respecté, le décret portant transmission du projet y compris votre texte, c’est inconstitutionnel ».

Vous l’affirmez ? Quelqu’un a dit dans une presse que le projet de loi portant révision de la Constitution est différent des autres projets et qu’il ne doit faire objet d’avis

« Les gens n’ont pas à manger »

Est-ce que la Constitution, c’est nous qui l’avons écrite. Est-ce qu’on a défini et dit quelque part que la Constitution est une loi spéciale ? Non, c’est une loi. Je demande au Président de la République, je le dis avec force et avec conviction, il faut laisser tomber cette réforme constitutionnelle. Comme il est dans la logique des réformes, il a encore trois ans devant lui. Il a le temps de nous faire voir ce qui est utile à faire et créer la confiance. Les gens n’ont pas à manger. Moi, j’ai traversé certaines rues de Cotonou. C’est une honte. Chez moi aux ‘’Cocotiers’’, quartier résidentiel, il y a des lampadaires qui ne s’allument plus depuis des années. S’il veut absolument laisser un nom dans l’histoire, c’est assurer le pain quotidien aux populations. Allez à Calavi, allez à Zinvié, il y a en qui n’ont pas les trois repas par jour. Si vous allez à Dantokpa pour acheter n’importe quoi, c’est trop cher maintenant. C’est de ça qu’il doit s’occuper.

Propos transcrits par Jules Yaovi Maoussi – Source : Le Matinal

Lettre ouverte de Constantin AMOUSSOU à Reckya MADOUGOU

6 Août

Atelier des médias RFI
Qu’on lance les soldats à notre assaut, qu’ils nous massacrent s’ils veulent ! Ils apprendront à l’arrivée une leçon de la nature : la vipère qui se jette gueule ouverte sur les épines du hérisson, finit par se blesser cruellement, et en dépit de son venin, l’issue lui est toujours fatale. Les mots d’ordre sont donnés, avons-nous appris, et la promesse du massacre est formelle.
Quand cela arrivera, Mme Madougou, vous le regarderez à la télévision et votre conscience sera tranquille.
Benin_Feu
http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/lettre-ouverte-de-constantin-amoussou-reckya-madougou

Lettre ouverte de Constantin AMOUSSOU à Reckya MADOUGOU

6 Août

 Meres_RougesReckya Madougou 1

Madame la Ministre,

Avant toute chose, permettez-moi de remercier le Seigneur pour la grâce qu’il vient de faire à une illustre enfant du Bénin, à travers votre personne. Les choses répétées plaisent, et après le privilège d’avoir souhaité de vive voix, Happy Birthday à l’aîné à Magic Land il y a quelques années, je suis  heureux de pouvoir  formuler, quoi qu’à distance,  la « bienvenue »à son cadet, dans ce merveilleux monde des humains. Quant à vous-même, j’adresse mes vives et sincères félicitations et vous souhaite une santé robuste.

Vous opérez donc votre comeback médiatique ce dimanche 04 août. Et comme il n’y a pas  de hasard en Dieu, cela coïncide  avec un anniversaire que j’ai l’honneur de vous remémorer.

Il y a en effet cinq (05) ans jour pour jour, le 04 août 2008, naissait un bébé pour lequel on aurait dû célébrer en ce jour les noces de bois. Mis diligemment hors d’état de nuire et assigné conséquemment à la gueule de bois, il repose en Paix depuis quelques années au cimetière des mortels.

La mortalité infantile des poupons de génie est ici une tradition républicaine, un sacrifice rituel, et BONJOUR CITOYEN n’est aujourd’hui  qu’un négligeable cadavre sur le pedigree des chiens écrasés de notre pays.

Or voilà, si vos souvenirs sont vivaces,  vous vous rappellerez que le petit enfant, avant sa  mort prématurée, vous aura accueillie un matin de janvier 2009, dans l’étreinte et la chaleur innocente de son cœur, quelques jours avant que vous ne vous envoliez pour Paris, en vue du lancement officiel de votre livre.

Si vos souvenirs sont vivaces, votre ouvrage portait le titre « Mon Combat pour la parole » et consistait en un sévère réquisitoire contre la classe politique, du vulgaire politicien véreux jusqu’à notre Pasionaria nationale qui vous aurait d’ailleurs affublée un jour (mais j’imagine gentiment) de cette courte formule pleine de rimes : « petite fille jolie et impolie ».

Il se trouve qu’en ce jour,  le défunt enfant se souvient, lui, de votre réquisitoire du 28 janvier  contre la révision « opportuniste » de la constitution commémoré au moyen d’un livre présenté au monde par son médium, et vous convenez qu’il rougit, du fond de sa tombe, de votre pathétique engagement, l’espace de quelques années, en faveur d’une révision « opportune » de la même constitution aujourd’hui.

Je fais ce rappel sommaire, par fidélité à la leçon d’Alexis de Tocqueville que je vous présume aimer, sinon naturellement ; du moins,  en vos qualités de Garde des Sceaux: « lorsque le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ».  Et même si l’illustre magistrat français semble ici se délester de sa toge pour se poser en historien, ce n’est sans doute pas pour vous déplaire, puisque vous faites de même en inaugurant votre intervention par un rappel historique sur l’origine de la « bonne » révision.

Je vais rentrer dans le vif du sujet.

 

I-SUR VOS ARGUMENTS DE DROIT

Madame la ministre,

Après avoir été l’égérie de TOUCHE PAS MA CONSTITUTION, voici que vous vous êtes commise, ou l’êtes de votre hiérarchie, aux soins d’écumer désormais les plateaux de télévision, parcourir les villes et les campagnes pour y professer votre nouveau slogan: TOUCHE MA CONSTITUTION.

Et j’ai compris en vous suivant que le seul débat dont vous conveniez, c’est celui qui se mènera à l’intérieur de l’option révisionniste censée renforcer l’Etat de droit. Vos arguments, en cela sont singuliers : les experts, les constitutionnalistes, les articles…

Mais  vous le savez, si le droit n’était pas une discipline ouverte, il serait incongru que deux groupes d’avocats se battent avec des armes de droit dans les prétoires des tribunaux pour faire prévaloir les intérêts antagonistes de leurs clients respectifs.

Avant donc d’aller plus loin, nous serons intéressés de savoir pour qui et dans quel intérêt œuvrent vos experts et vos professeurs sorbonnards. J’ai fini avec ceux-là.

Sur la question des articles que vous citez, dans lesquels vous mettez au défi.., je vous assure avec respect, Mme la ministre, personne ne vous défiera. Sinon de quel droit et investi de quel pouvoir, défier la ministre de la justice sur des questions de droit ?

Mais au lieu de vous défier, permettez-moi de vous convier humblement  à méditer une formule de Georges Burdeau. Dans son ouvrage « La Démocratie » paru aux Editions Seuil en 1956, le réputé politologue nous prévient: « Ce ne sont pas les articles d’une constitution qui font une démocratie». Il nous invite ainsi indirectement à ausculter  l’esprit des lois, conscient que l’aménagement des normes et l’échafaudage institutionnel ne sont tout au plus que les instruments d’une Utopie démocratique. Qu’au-delà de ceux-ci,  l’homme demeure la mesure de toute chose, et c’est dans les linéaments de son action quotidienne qu’il faut chercher et trouver les fondements de ses projets.

A propos donc des solides arguments de droit que vous semblez détenir et de votre appel au débat à l’intérieur du cadre que vous avez tracé, nous opposons une irrecevabilité de principe, pour dol, et nous  sommes tentés de vous soupçonner même de trafic d’influence.

Vous dites n’être pas bien informée sur les brutalités policières à l’encontre du ministre Gaston Zossou. Croyez-moi Madame la ministre, je vous crois sur parole. Vous avez même mis en doute, la sincérité des faits relatés par les journaux, en bon disciple de St Thomas, le même, parce qu’il ne faut croire que ce que l’on a vu.

A moi, il a été donné de voir, pour m’être porté sur les lieux, dès l’alerte. Vous avez raison Madame de ne pas croire ce que j’ai vu, parce qu’à ce jour, même moi qui l’ai vécu en live, j’ai tellement de mal à le croire. Et si cela arrive, le jour où l’on commémore la fête nationale de mon pays, permettez-moi de vous confier que je trouve « minables » les Enfants du Bénin qui ne se mettent pas debout dès maintenant, pour dénoncer l’oppression, et livrer leur combat pour la parole.

Vous voulez réviser la constitution pour renforcer l’Etat de droit ?

Comme Figaro, personnage bouffon de Beaumarchais, franchement, permettez-moi de vous confesser mon état d’esprit : « je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer ». Où est l’Etat de droit que l’on veut renforcer, lorsqu’on peut arrêter un citoyen, qui plus est, un avocat, soupçonné de transporter des tracts, et le soumettre aux pires formes d’humiliation et de tracasseries policières le jour même de la fête nationale ? Où était l’Etat de droit quand on massacré les paysans de Djidagba dans la commune d’ Adja Ouèrè ? Où était l’Etat de droit quand Pierre Urbain Dangnivo a disparu comme une épingle dans une botte de foin ? Où est l’Etat de droit dans notre parlement quasi univoque ? Où est l’Etat de droit dans la maison du Juge Angelo HOUSSOU ? Va-t-il finir comme le juge Coovi ?

Puisque vous vous occupez d’articles, je me permets de vous renvoyer à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen: « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminés na point de constitution».

A beaucoup d’autres, je ne me serais pas donné la peine de répondre, mais à vous oui, parce que j’ai cru jadis en la sincérité de votre cause et je vous voyais capable, comme Mandela et Martin Luther King, de consacrer votre vie à une cause immuable, vivre pour elle, souffrir pour elle, et au besoin, mourir pour elle. Mais la cause a de solides héritiers, et malgré les intimidations,  l’écho sonore de nos voix amplifiera les aspirations du peuple.

II- SUR LA MODERNISATION DE L’ETAT DE DROIT

Madame la Ministre, la substance de votre propos sur Canal 3 a consisté à marteler que vous aviez milité contre la révision « opportuniste » et qu’aujourd’hui vous militez pour la révision « opportune ». En sciences sociales, pour comprendre les postures des acteurs de la société, il importe de regarder le lieu d’où ils parlent. Dans votre cas, ça se passe de commentaires.

Comme nous l’avons déjà entendu et lu, vous martelez que la révision que vous prônez mordicus  vise  à moderniser notre constitution en y introduisant les principes de parité, l’imprescriptibilité des crimes économiques, l’initiative populaire de la loi, la Cour des compte, la CENA, la LEPI.

Vous y tenez fermement et arguez que le « gouvernement continuera de déployer tout le trésor de persuasion pour démontrer » son bien-fondé. Contre la levée de boucliers générale dans le pays, je suis obligé de remarquer votre volonté frénétique d’enjamber la barrière à marche forcée, et j’en suis profondément contrarié. Le rôle d’une constitution est d’organiser la dévolution du pouvoir et la structuration institutionnelle des Etats en indiquant les grandes lignes et en posant les principes fondamentaux. On change de constitution ou on la révise lorsqu’elle porte des insuffisances qui paralysent le fonctionnent normal de la République.

Quand les Français se sont amusés à remettre les clés de  leur constitution entre les mains du maréchal Pétain, en lui conférant les pleins pouvoirs par la loi du 10 juillet 1940, ils ont eu la République de Weimar, la collaboration avec Hitler, la reddition, l’assassinat des résistants, le règne de la terreur. Ils ne sont pas près d’oublier.

Les attaques contre notre constitution aujourd’hui sont des attaques contre l’histoire du Bénin. Votre projet de révision, en introduisant entre autres des formules inutiles et superflues dans le préambule nourrit nos suspicions et cela est légitime, car sur les exemples de la France que  vous citez, je ne sais pourquoi vous omettez de signaler que jamais on n’a touché le préambule ; qu’en 1946, en changeant de préambule, on avait changé de République.

Sur les fameuses intentions donc de modernisation, nous voulons finir une fois de bon en saluant la gentillesse  des révisionnistes que vous êtes (devenue) pour votre engagement en faveur d’une cause vouée à l’échec, parce que située aux antipodes des préoccupations actuelles des Béninoises et des Béninois.

Madame Reckya Madougou, votre sortie de ce 04 août est un acte de violence contre la patrie.

 

III- SUR LA BONNE FOI DU DOCTEUR

« Je vous mets au défi de mettre en doute la bonne foi du Chef de l’Etat », aviez-vous martelé, avant de vous raviser, pour déserter ce terrain illico presto, comme si vous vous étiez subitement aperçue d’avoir commis une bourde.

Je prends sur le sujet acte de votre amende honorable, et vous imaginez que je ne vous en veuille pour cela. Car au fond, au canard que je suis, comment voulez-vous que je parie sur la bonne foi du renard ? Le plus petit canard connaît si bien les caractères de son ennemi héréditaire que lorsqu’on traîne une fourrure rousse par une ficelle au bord de la mare, l’oiseau se ressaisit subitement, aguiche ses sens, se jette à l’eau sans quitter de l’œil l’intraitable fourrure qu’il observe dans tous les sens. Il observe une vigilance jamais prise à défaut, sinon à son péril, car une baisse de régime de surveillance pourrait engager son pronostic vital. C’est avec cette angoisse que nous vivons aujourd’hui et le sommeil donc ne peut plus constituer pour nous un lieu sûr. Ceux qui s’y adonneront auront pris le risque de voir culbuter la République dans le royaume de l’hypersomnie, dont le voisinage immédiat est la nuit éternelle.

Vous avez parlé d’engagement public pris devant des sommités ? Le peuple se souviendra longtemps du « Je ne reculerai jamais » au sujet du programme de vérification des importations. Les promesses politiciennes, avons-nous appris, n’engagent que ceux qui y croient.

Sur la bonne foi des présidents très aimés, docteurs réels ou autoproclamés, les exemples valent la peine d’être cités. Je pense au « Docteur Rafael Leonidas Trujilo Molina, Honorable Président de la République dominicaine, Bienfaiteur de la Patrie et Reconstructeur de l’indépendance financière de la République » qui se faisait élire, de bonne foi, avec plus de voix que de votants. A Papa Doc, François Duvalier, « Protecteur du peuple, Bienfaiteur des pauvres, Electrificateur des âmes », qui régenta Haïti au moyen de ses névralgiques tontons macoutes et avait même pu augmenter par décret l’âge de son fils afin de lui confier la succession. Qui mettrait en cause sa bonne foi ? Qui mettrait en cause la bonne foi de certains de nos illustres présidents du continent passant plusieurs décennies au pouvoir et transmettant le témoin à un fils biologique ou politique ?

Quand à  leurs pieds, ils ont l’armée, la police, la gendarmerie, le trésor public, les caisses noires, comment douter de leur bonne foi ?

Mais je ne vous blâme point. Le ministère auquel est assigné l’homme public est un office exigent. Vous avez voulu tout bonnement mériter votre poste. Vous aurez essayé, mais dans l’opinion, soyez en sûre, l’affaire ne passe pas.

 

IV- NOUS ALLONS RESISTER

« Quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu », écrivait Jean de La Fontaine dans la fable « L’hirondelle et les petits oiseaux ».

Ces sept dernières années, j’ai beaucoup appris, et j’espère n’être pas seul. Héritiers d’une solide fortune de honte, les jeunes sont  déterminés aujourd’hui  à se relever pour livrer bataille et barrer  la voie à cette révision que nous avons beau jeu de soupçonner d’opportuniste, dès lors que nous ne pouvons  gager, pas plus que vous-même d’ailleurs,  sur la bonne foi de son initiateur.

Le gouvernement peut faire la sourde oreille. Au sein du peuple aujourd’hui, une colère sourde gronde. Les mouvements d’humeur dans le monde, de l’immolation de Bouhazizi en Tunisie au campement de Zucotti à New york, attestent que le combat contre l’oppression, le combat pour la démocratie est un impératif de tous les peuples. « Si tu demandes à ton peuple de se jeter à la mer, il fera la révolution », disait Saint-Exupéry.

A ceux qui l’auront oublié, sous l’effet de l’ivresse du pouvoir, et semblent  avoir fait le pari de laisser derrière eux, un océan d’horreur et de désolation, nous disons qu’ils verront en face d’eux des Béninois Debout.  Et s’il est vrai qu’ils lanceront  à notre assaut des chars de guerre, nous leur répondrons sans violence par  le chant des maquisards bissau-guinéens de Amilcar Cabral: « Une foule de soldats, ce n’est rien, c’est la résistance qui est tout »

L’entassement des couches de frustrations est une bombe que la révision, « opportuniste » ou «opportune » de la constitution n’est pas près de désamorcer. Mais la République du Bénin n’est pas disposée à  tomber  dans les liens  de la « papadocratie ».

Qu’on lance les soldats à notre assaut, qu’ils nous massacrent s’ils veulent ! Ils apprendront à l’arrivée une leçon de la nature : la vipère qui se jette gueule ouverte sur les épines du hérisson, finit par se  blesser  cruellement, et en dépit de son venin, l’issue lui est  toujours fatale. Les mots d’ordre sont donnés, avons-nous appris, et la promesse du massacre est formelle.

Quand cela arrivera, Mme Madougou, vous le regarderez à la télévision et votre conscience sera tranquille.

Constantin AMOUSSOU, Écrivain, Ancien Chroniqueur et analyste politique sur l’Emission Bonjour Citoyen.

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